[MSN] Bibliothèque nationale irakienne une balise d’espoir
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Tue Mar 11 21:00:11 CET 2008
Bibliothèque nationale irakienne une balise dâespoir
Des institutions culturelles phares de lâIrak, la bibliothèque nationale est celle qui, apparemment, renaît la première de ses cendres. Elle fonctionne presque normalement, voire mieux quâavant. Bien mieux en tout cas que le fameux musée national de Bagdad dont les officiels irakiens ont plusieurs fois annoncé la réouverture, sans suite.
Lors de la chute de Bagdad en avril 2003, la Bibliothèque a été incendiée et pillée. Furent irrémédiablement perdus : 60 % des collections dâarchives (documents, cartes, photographies), 95 % des livres rares et 25 % de lâensemble des collections de livres. Des destructions par incendie, mais aussi des vols. Lâinstitution, dont le pays est six fois millénaire, abritait les archives des ministères de lâépoque ottomane irakienne, du mandat britannique, de la monarchie hachémite et de la république arabe.
Depuis sa nomination, en décembre 2003, à la tête de la bibliothèque nationale, Saadr Eskander, un Irakien dâorigine kurde exilé à Londres avant la chute du régime, a mis toute son énergie en vue de reconstruire un lieu dâétudes. Il fit le pari de rouvrir la salle de lecture six mois après sa prise de fonction, même sâil sâagissait, à lâépoque, de ne recevoir parfois quâun seul lecteur par jour ! Car après la chute de Bagdad viennent les mois (et les années) de chaos irakiens : guerre civile et interconfessionnelle, assassinats de membres du personnel de la bibliothèque, pressions de toutes parts sur lâinstitution. Mais, à force de ténacité, le bâtiment a été reconstruit, rénové et informatisé avec lâaide du Japon, de lâItalie, de la République tchèque (pas la France, dommage) et dâinstitutions comme la British Library. Une salle de restauration des documents a même été créée. Sous le régime de Saddam Hussein, la bibliothÃ
¨que employait 90 personnes, actuellement 400 !
La renaissance de cette institution est un enjeu culturel, mais aussi politique. à lire les propos de son directeur qui est parvenu à stabiliser un lieu à lâabri du sectarisme et qui milite ardemment pour lâouverture du patrimoine national à tous les Irakiens (ce qui était loin dâêtre le cas sous Hussein), câest une nouvelle page de lâhistoire de lâIrak qui tente de sâécrire.
Dans tous les pays en guerre, les trésors culturels deviennent vite la cible de vandales et lâobjet de trafics. Concernant les archives, des déplacements en lieux sécurisés ont bien été effectués entre plusieurs sites. Par contre, il semblerait que les forces dâoccupation en Irak se soient servies dans des fonds contemporains dâarchives pour mieux comprendre le fonctionnement du régime baasiste. Si tel a été le cas, leur restitution sera à suivre de près.
Christophe Dorny
http://www.plume-mag.com/
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