[MSN] Church thefts in France

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Sun Apr 6 07:39:52 CEST 2008


Eglises : l'art sacré attire les voleurs

Le vol d'un chevalet en bois massif à l'église de Gassicourt rappelle que
les édifices religieux sont mal protégés contre les cambriolages. 

MENACES sur le patrimoine religieux. Mardi dernier, la petite église
Saint-Anne-de-Gassicourt, située dans un quartier historique de
Mantes-la-Jolie, a été victime d'un cambriolage peu banal : un lutrin en
bois, sorte de chevalet destiné aux livres, a été dérobé en pleine matinée.
Ce genre de vol reste rare. Mais le phénomène est suivi de près par le
diocèse de Versailles. « Les Yvelines sont assez préservées. En vingt ans,
nous avons enregistré une quinzaine de vols d'objets rares », recense le
père Allouchery, secrétaire général de la commission diocésaine d'art sacré.
« Cela arrive souvent dans les petites églises peu fréquentées, confie le
père Philippe Pottier, curé de Sainte-Anne. Il est difficile de lutter
contre ces vols : une église ne se ferme pas ! »

Généralement, les objets d'art sacré sont victimes de deux types de
malfaiteurs : les voleurs de métaux et les collectionneurs. Les premiers
dérobent des statues en cuivre ou parfois, ne reculant devant rien, des
cloches ! En avril 2006, à l'église de Gassicourt toujours, une cloche de
900 kg s'était ainsi volatilisée avant, probablement, d'être fondue et
recyclée. 

Dérobée à Limay, retrouvée vingt ans après à Liège 

Les édifices religieux sont également victimes de collectionneurs d'art. «
Ces trésors sont en général revendus porte de Clignancourt à Paris et
rejoignent la Belgique, où la législation est plus souple, avant d'être
revendus ailleurs en Europe », ajoute le père Allouchery. Récemment, une
statue de la Vierge dérobée il y a vingt ans à Limay a été retrouvée chez un
antiquaire de Liège.

Pour éviter les cambriolages, les curés ont appris à se protéger. Pour
certaines églises, du matériel technologique a dû être mis en place : « Dans
le Mantois, nous avons installé un système d'alarme relié à des caméras afin
de protéger trois tableaux très rares », abonde Jean-Pierre Allouchery.
Certaines Vierges, comme celle de Gassicourt, ont dû être fixées sur des
socles. Mais l'amélioration des mesures de sécurité entraîne des effets
pervers : dans l'impossibilité de dérober les objets, les voleurs n'hésitent
pas à se transformer en vandales.

M.G.
Le Parisien , samedi 05 avril 2008

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