[MSN] «Des antiquités ! J'veux 3 millions minimum. A moins d '1 , je chiale»

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Wed Oct 4 11:19:32 CEST 2006


«Des antiquités ! J'veux 3 millions minimum. A moins d'1, je chiale»
Des vidéos tournées par Stéphane Breitwieser, qui y exhibe son butin,
dévoilent un homme plus trivial qu'amateur d'art.
Par Vincent NOCE
QUOTIDIEN : Mercredi 4 octobre 2006 - 06:00
En 1995 et 1996, Stéphane Breitwieser a tourné des petites vidéos dans le
pavillon du village alsacien d'Eschentzwiller où il vivait reclus avec sa
mère Mireille et sa petite amie Anne-Catherine. Un montage rudimentaire a
été livré à la police française. Etrangement, il n'a pas été visionné lors
du procès à Strasbourg, alors même que Breitwieser y étale fièrement son
butin. Ce montage est également éclairant sur la personnalité des
protagonistes du drame qui s'est joué dans cet étouffant huis clos.
«Mon royaume». Breitwieser s'attarde longuement sur sa BMW cabriolet, de
la même manière que sur les tableaux accrochés dans sa chambre. Dans la
pénombre, on devine des portraits d'hommes, une Vierge à l'enfant, un
Saint Jérôme, des paysages hollandais, des peintures posées sur le
plancher les unes contre les autres, des ivoires sculptés, des instruments
de musique et armes de collection... Il filme des heures durant, revenant
sur chaque oeuvre dix, quinze fois, en un mouvement saccadé, proclamant
parfois : «or» ou «XVIe siècle». Puis : «téléviseur, Philips»,
«magnétoscope», «deuxième magnétoscope», etc., puis revenant aux
peintures, «XIXe siècle» répété une demi-douzaine de fois. Or, alors même
qu'il est soupçonné d'avoir volé des oeuvres comme le Chemin de Sèvres de
Corot deux ou trois ans plus tard, il prétend aujourd'hui ne s'être jamais
intéressé à cette période.
Sa compagne, qui disait n'avoir jamais été au courant de ses larcins, et
qui a bénéficié d'un non-lieu pour complicité, est filmée allongée sur le
lit à baldaquin proclamant, avec un geste de la main : «Ceci est mon
royaume.» Ajoutant : «Ce sera 100 francs la visite» avec une expression
grivoise.
Une scène montre Stéphane Breitwieser et son amie jouant avec le teckel
Ollie, qu'il appelle affectueusement «Jean-Marie». Gros plan sur une
feuille de papier collé sur le dos du chien, où il est écrit : «Jean-Marie
Le Pen». Décrit par ses proches comme ayant des idées favorables à
l'extrême droite, il avait trouvé insupportable, devant le tribunal de
Strasbourg, de se retrouver emprisonné en compagnie d'immigrés. A un autre
moment, sa compagne ayant enfermé le chien effrayé dans un sac en
plastique, Stéphane plaisante : «On se croirait à Auschwitz.»
Relations grivoises. Le film donne un aperçu des relations grivoises du
trio. Régulièrement, Breitwieser demande à sa petite amie de montrer sa
culotte. Elle se prête au jeu, à la table de Noël. Lui ouvre sa braguette,
ou encore filme les fesses de sa mère... A son amie, il demande de
«montrer [ses] nibards». La mère : «Tu veux voir les miens ?» A un autre
moment, Mireille demande à son fils de laisser tranquille le chien : «Tu
n'as pas à filmer son trou de balle !» Breitwieser : «Ben si, en plus je
peux l'agrandir !» S'adressant alors à sa mère : «Je filme le tien,
tiens», ce qu'il fait, sans qu'elle réagisse. Il rote.
Le soir de Noël 1995, sa petite amie lui demande ses résolutions pour
l'année à venir. Après avoir évoqué l'hypothèse qu'il pourrait bien se
retrouver «en prison», il répond : «Des antiquités ! J'veux 3 millions
minimum. Si j'ai moins d'1 million, je chiale. Donc, il faut 3 millions,
mais, vraiment, au bas mot 2 millions. Moins de 2 millions, je me
sentirais pas bien. 3 millions de francs, hein ! Nouveaux !»

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