[MSN] Le Niger retrouve son patrimoine pillé. 845 pièces archéologiques sont restituées aujourd'hui. (looted artifacts, on their way to Brussels, confiscated by French customs and returned to Niger)
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Thu Mar 2 09:56:26 CET 2006
Le Niger retrouve son patrimoine pillé
845 pièces archéologiques sont restituées aujourd'hui, tandis que Bordeaux
retrouve un saint Jean-Baptiste.
Par Vincent NOCE
jeudi 02 mars 2006
Deux émouvantes cérémonies, à des milliers de kilomètres l'une de l'autre, à
Bordeaux et à Niamey (Niger), doivent témoigner aujourd'hui de la lutte
contre le vol et le trafic des biens culturels.
A Niamey, le colonel Lembert, chef de l'Office central de lutte contre le
trafic des biens culturels (OCBC), doit restituer 845 pièces pillées dans
des sites de la vallée du Niger. Les caisses, estampillées «artisanat
africain», d'un poids total de 500 kg, ont été saisies il y a un peu plus
d'un an par les douanes lors d'un contrôle inopiné à Roissy. Elles se
trouvaient en transit à destination de Bruxelles, plaque tournante du trafic
archéologique, notamment en provenance d'Afrique, en raison d'une
législation très en retard sur ces questions.
Des pierres taillées du néolithique aux poteries Bura, sans compter des
dents de dinosaures, cet ensemble exceptionnel couvre «quasiment toute
l'histoire et la préhistoire de l'Afrique», faisait observer à l'AFP
Marie-Hélène Moncel, chercheuse au CNRS et au Muséum d'histoire naturelle.
Les figurines ou poteries de la culture Bura, qui s'est développée dans le
bassin du Niger entre le IIe et le XIe siècle, sont sur la «liste rouge»
dressée par le Conseil international des musées des objets interdits
d'exportation ou les plus menacés. Marie-Hélène Moncel souligne que le
«préjudice reste énorme», dans la mesure où ces «objets n'ont plus de sens
archéologique», les fouilles illégales ayant totalement détruit les éléments
qui auraient pu restituer leur contexte historique.
Au musée des Beaux-Arts de Bordeaux, c'est le président du Syndicat national
des antiquaires, Christian Deydier, qui remet à la ville un saint
Jean-Baptiste du XVe siècle, qui avait disparu d'une église il y a
vingt-deux ans. Ce relief, dont une partie de la polychromie est toujours
présente, sera exposé jusqu'au 24 mars, avant de rejoindre la basilique
Saint-Michel, où il avait été volé.
Il fait partie d'un autel classé monument historique de sept panneaux en
albâtre sculptés dans les ateliers de Nottingham, qui avait été dérobé dans
une chapelle et remplacé par une copie en plâtre coloré, si bien que le vol
est resté inaperçu dix ans durant. Il a été découvert par hasard quand deux
des figures ont été proposées aux musées par la veuve d'un antiquaire
parisien, qui les avait acquises sans se douter de leur origine. Conduite
par le commandant Darties, l'enquête de l'OCBC avait permis de remonter la
filière. Quatre éléments ont disparu aux Etats-Unis. Le saint Jean-Baptiste
avait été revendu à un collectionneur monégasque, lui aussi de bonne foi,
Stephen Zuellig. Contacté par le président du Syndicat des antiquaires, il a
proposé de restituer cette très jolie sculpture.
La France est la première victime du pillage artistique dans le monde, avec
l'Italie, qui vient elle aussi d'obtenir plusieurs restitutions de statues
antiques de valeur des plus grands musées américains.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=363775
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