[MSN] Ted Scapa retrouve ses toiles toutes déchirées, un gâchis
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Mon Aug 14 06:53:13 CEST 2006
Ted Scapa retrouve ses toiles toutes déchirées, un gâchis
VALLAMAND L’artiste a récupéré ses tableaux en mauvais état, massacrés par des voleurs stupides. Drôle de mésaventure pour cet homme devenu une star en Suisse alémanique.
Les toiles Scapa sont fichues . «Elles sont déchirées, découpées au cutter, raccourcies», constate l'artiste de Vallamand. Réputé pour son sens de l'humour, Scapa a soudain le regard triste devant ce massacre. Les aigrefins qui ont fait main basse sur son atelier ( 24 heures du 10 août) n'ont pas beaucoup de respect pour l'art.
Au total, une soixantaine d'œuvres dérobées en début d'été (toiles, dessins, sculptures) ont pu être restituées à Scapa. Les voleurs n'ont pas couru longtemps. Les deux Français du Doubs ont été pincés par la police de Dijon, dix jours après leur forfait: ils pensaient revendre le butin.
«C'était des voyous motivés par l'appât du gain, mais pas une bande de trafiquants organisés», informe un officier de la PJ de Dijon. Scapa en est sidéré. Comment des Français pouvaient-ils connaître son atelier, aménagé dans une vieille maison à Vallamand?
Une demeure fréquentée
Il faut dire que Ted Scapa a le sens de l'hospitalité. Ce géant septuagénaire - que tout le monde appelle simplement Scapa - organise des expositions dans son atelier. Il reçoit aussi beaucoup de visites au château de Vallamand, sa demeure située de l'autre côté de la route. Une maison achetée il y a 35 ans à la famille Cailler.
Il faut dire aussi que Scapa s'est fait un nom dans le monde de l'art, grâce à ses dessins et ses peintures colorées, pleines de fantaisie. Il a exposé à Monaco, à Paris, en Hollande. Il travaille souvent avec le Musée olympique de Lausanne. En 2003, c'est lui qui signait l'affiche amusante du Montreux Jazz Festival.
«L'humour est essentiel pour faire face à la méchanceté du monde, dit-il. J'offre de l'humour aux gens comme on offrirait des fleurs ou des chocolats.» L'émission de télévision alémanique Das Spielhaus a fait de Scapa une vraie star outre-Sarine dans les années 60 et 70. Scapa dessinait avec des enfants. «Cette émission a laissé des souvenirs incroyables, des gens m'arrêtent dans la rue, encore aujourd'hui.»
Daniel Vasella aux crayons
Durant toute sa carrière, Scapa a animé des ateliers de découverte, amenant les gens à aiguiser leur créativité par le dessin. Il le fait autant avec des enfants (en Irak ou en Chine) qu'avec des adultes. «On est tous restés des enfants, explique-t-il, même les gens sérieux. Daniel Vasella, patron de Novartis, a participé à un de mes ateliers. Avec des crayons de couleurs à la main, il ressemblait lui aussi à un enfant.» Un compliment dans la bouche de Scapa, qui adore les gosses: il en a élevé six avec son épouse.
Scapa peut enfin s'enorgueillir de nombreuses relations dans le monde de l'art. Normal: il a dirigé les éditions Benteli, à Berne, pendant vingt ans. «J'ai connu Chagall, Giacometti, Jean Tinguely était un ami.» L'artiste de Vallamand a désormais un point commun avec ces grands noms: ses œuvres sont convoitées. «Après ce vol, je vais être obligé de faire poser un système d'alarme.»
On ne vole pas les tableaux de n'importe qui et, en un sens, l'affaire constituerait presque une consécration pour l'artiste. «Cela pourrait me faire de la publicité», admet-il en rigolant. Mais Scapa n'en a guère besoin. Ce fils de diplomate hollandais, immigré en Suisse en 1963, est devenu une figure nationale depuis longtemps.
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